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   <description>soldiers of freeride is the name of the cosmic-ride.com community</description>
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     <title>Tibet: Etat des lieux - par Nico le 28/04/2008 @ 00:10</title>
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     <description>TIBET : UN SURVOLLe Tibet recouvre une superficie de deux millions et demi de kilom&#232;tres carr&#233;s : cinq fois la France, l'&#233;quivalent de la Communaut&#233; europ&#233;enne. Cet immense et rude pays est tr&#232;s peu peupl&#233;, six millions de Tib&#233;tains seulement.En 1949 la R&#233;publique Populaire de Chine envahit le Tibet puis l'occupe, en violation des lois internationales. R&#233;sistance et r&#233;pression culminent le 10 mars 1959 au cours du soul&#232;vement national contre les Chinois. L'arm&#233;e &#233;crase la r&#233;volte dans le sang, faisant 87 000 morts en 18 mois parmi les Tib&#233;tains du seul Tibet central, et ce d'apr&#232;s les sources chinoises elles-m&#234;mes. Sa Saintet&#233; le Dala&#239; Lama et plus de cent vingt mille autres Tib&#233;tains sont contraints &#224; l'exil. On estime &#224; un million deux cent mille le nombre des Tib&#233;tains morts du fait de l'occupation chinoise, soit un habitant sur cinq. Plus de la moiti&#233; du Tibet a &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;e et adjointe aux provinces chinoises mitoyennes. Seuls le Tibet central (l'U-Tsang) et une partie du Tibet oriental (le Kham) forment ce qui est appel&#233; &#171; R&#233;gion Autonome du Tibet &#187;.Depuis l'invasion chinoise, la faune, la flore, les for&#234;ts et les min&#233;raux sont exploit&#233;s au seul profit des Chinois. L'occupant exporte ces ressources naturelles vers la Chine et d'autres pays, ou bien les r&#233;serve sur place &#224; l'usage des colons chinois.Le Dala&#239; Lama, chef d'Etat et chef spirituel du Tibet, croit profond&#233;ment &#224; la non-violence. Il travaille sans rel&#226;che &#224; la solution pacifique des probl&#232;mes sino-tib&#233;tainsL'ECOLOGIE DU TIBET D'AUTREFOISJusqu'en 1949 le Tibet abritait une flore et une faune extr&#234;mement riches : plus de cinq cents esp&#232;ces d'oiseaux. Cette diversit&#233; s'est pr&#233;serv&#233;e au fil du temps gr&#226;ce &#224; la croyance bouddhiste en l'interd&#233;pendance entre humains, animaux, plantes et &#233;l&#233;ments naturels, croyance qui emp&#234;che l'exploitation aveugle de l'environnement. Nombre d'esp&#232;ces animales et v&#233;g&#233;tales sont sp&#233;cifiques au Tibet.Les plus grands fleuves d'Asie prennent naissance dans les montagnes tib&#233;taines : l'Indus, le Brahmapoutre, le Salouen, le M&#233;kong, le Yang-ts&#234; Kiang et le Houang Ho ou Fleuve Jaune. Sa faune, sa flore, ses for&#234;ts vierges et ses grands cours d'eau font du Tibet la source de vie d'une zone bien plus vaste que son propre territoire. C'est pourquoi l'environnement du Tibet rev&#234;t une importance capitale pour l'&#233;quilibre &#233;cologique des pays voisins.&#171; Jamais je n'aurais imagin&#233; qu'il p&#251;t exister autant d'oiseaux au m&#234;me endroit. La vie animale foisonnait dans la campagne, et on voyait yaks et gazelles en abondance. &#187;Le capitaine C.G. Rawlings, chef de l'exp&#233;dition britannique de 1903-1904 au Tibet.DESTRUCTION DE LA VIE SAUVAGEAvant l'invasion chinoise, la chasse au Tibet &#233;tait r&#233;glement&#233;e par d&#233;cret du gouvernement.Aujourd'hui, la plupart de la faune sauvage a disparu : non seulement les restrictions n'ont pas &#233;t&#233; renforc&#233;es, mais la chasse aux esp&#232;ces en voie de disparition a &#233;t&#233; encourag&#233;e.Quelques aper&#231;us :    * Le l&#233;opard des neiges (panthera uncia), trop chass&#233; et parfois m&#234;me braconn&#233; &#224; l'arme automatique, est en voie d'extinction. Une peau se vend entre 30 et 50 $&amp;amp;shy;US dans la r&#233;gion de l'Amdo (Qingha&#239; en chinois).    * Exportation de laine d'antilope du Tibet (pantholopes hodgsoni). On soup&#231;onne aussi le trafic de la viande de mouton bleu sauvage (pseudois nayaur). Braconnage tol&#233;r&#233; du yak sauvage (bos grunniens), environ cent t&#234;tes en vente en juillet 1992 &#224; Xining (Amdo).    * Pour des prix s'&#233;chelonnant de 7900 $&amp;amp;shy;US &#224; 35 000 $&amp;amp;shy;US - sans le billet d'avion -, les chasseurs du monde entier peuvent venir au Tibet tirer dix-sept sortes d'animaux sauvages dont l'antilope et l'argali (ovis ammon), esp&#232;ces pourtant prot&#233;g&#233;es, gr&#226;ce &#224; l'agence &#171; Klineburger Worldwide Travel &#187;. Les autorit&#233;s chinoises cherchent d&#233;sormais &#224; &#233;tendre ces abattages lucratifs.    * Les colons chinois ont d&#233;bois&#233; sans retenue pour construire des logements ou cultiver, au d&#233;triment de l'habitat des oiseaux et mammif&#232;res sylvestres. DEBOISEMENTLes forces d'occupation chinoises sont en train de d&#233;truire de fa&#231;on irr&#233;versible l'&#233;cologie fragile du haut plateau tib&#233;tain. Les Chinois se livrent au d&#233;boisement industriel dans l'Est du Tibet, o&#249; ils emploient soixante cinq mille personnes &#224; cette t&#226;che. Dans certaines zones, 80% des for&#234;ts sont d&#233;j&#224; d&#233;truites. D'apr&#232;s leurs propres estimations, les Chinois ont pr&#233;lev&#233; au Tibet, depuis 1959, pour 54 milliards de dollars US de bois.Comme les fleuves d'Asie et leurs affluents prennent leur source au Tibet, les cons&#233;quences du d&#233;boisement se font sentir en aval &#224; travers le continent entier : &#233;rosion des sols, ravinement, envasement, inondations.EFFETS SUR LE CLIMAT DE LA PLANETEDe r&#233;centes &#233;tudes font valoir que la destruction des for&#234;ts de haute altitude affecte les jet-streams (vents rapides des couches &#233;lev&#233;es de la troposph&#232;re), ce qui influence le climat. Depuis plusieurs ann&#233;es d&#233;j&#224;, on consid&#232;re comme une menace pour le r&#233;gime des climats de la plan&#232;te les modifications des temp&#233;ratures, des masses d'air et des pr&#233;cipitations engendr&#233;es par le d&#233;boisement du plateau tib&#233;tain.Il est donc urgent, pour tous ceux qui se pr&#233;occupent d'&#233;cologie, de s'attaquer &#224; la crise de l'environnement tib&#233;tain.ENERGIE HYDRAULIQUEEn mai 1991, les Chinois ont d&#233;marr&#233; des travaux controvers&#233;s, la construction d'une centrale hydro&#233;lectrique qui d&#233;truira l'&#233;cosyst&#234;me du Yamdrok Tso, un lac pur et sacr&#233;, le troisi&#232;me du Tibet par sa taille. Les Chinois veulent d&#233;tourner les eaux du lac pour les faire tomber, 750m plus bas, dans le Brahmapoutre (en tib&#233;tain Tsangpo). Il s'agit de fournir l'&#233;lectricit&#233; n&#233;cessaire aux colons chinois et aux industries polluantes et destructrices qu'ils veulent implanter. Cette centrale hydro&#233;lectrique peut vider le lac Yamdrok, un pas de plus vers la mort de la terre et de la culture du Tibet.EXPLOITATION MINIEREEn chinois, Tibet se dit Xizang, ce qui signifie &#171; la Maison des Tr&#233;sors de l'Ouest &#187;. Les autorit&#233;s chinoises ont entrepris l'exploitation syst&#233;matique des ressources mini&#232;res.La moiti&#233; des r&#233;serves mondiales d'uranium se trouve dans les montagnes autour de Lhassa. C'est au Tibet que g&#238;t 40% du minerai de fer &#171; chinois &#187;, ainsi que d'immenses filons de charbon, d'or, de cuivre, de plomb, de borax et de p&#233;trole.DECHETS TOXIQUES ET NUCLEAIRESDe nombreux rapports prouvent que la Chine utilise ou pr&#233;voit d'utiliser le Tibet comme d&#233;charge de d&#233;chets toxiques et nucl&#233;aires :    * En 1984, la Chine a propos&#233; un contrat &#224; un consortium d'Allemagne f&#233;d&#233;rale, aux termes duquel, apr&#232;s avoir achet&#233; de l'uranium extrait des mines tib&#233;taines, les Allemands pourraient renvoyer les d&#233;chets radioactifs au Tibet. La Chine a offert d'en stocker l&#224; jusqu'&#224; cinq mille tonnes entre 1984 et l'an 2000. Les modalit&#233;s actuelles du contrat ne sont pas connues.    * En mars 1991, l'association Greenpeace a divulgu&#233; un plan visant &#224; importer au Tibet les vidanges de la ville de Baltimore (Etats-Unis). Ces r&#233;sidus d'&#233;go&#251;ts - riches en m&#233;taux lourds - devaient porter la mention &#171; engrais &#187; et &#234;tre qualifi&#233;s de &#171; limon &#187; pour le transport. Il est pr&#233;sumable qu'ils devaient &#234;tre ensuite vendus ou distribu&#233;s en tant que tels. A la suite de ces r&#233;v&#233;lations, la ville de Baltimore a r&#233;sili&#233; le contrat.MAUVAISE POLITIQUE AGRICOLEAu cours des ann&#233;es 60, les Chinois imposent une r&#233;forme agraire qui cause la famine au Tibet. Le surp&#226;turage en altitude m&#232;ne &#224; la disparition de plantes m&#233;dicinales ou alimentaires et d&#233;truit en grande partie la nourriture dont se sustentent les animaux sauvages en hiver. Le surp&#226;turage aggrave &#233;galement l'&#233;rosion par les vents et le ravinement, et conduit droit &#224; la d&#233;sertification.Les agriculteurs tib&#233;tains sont contraints par les autorit&#233;s chinoises d'acheter et d'utiliser engrais et pesticides chimiques. Les paysans se plaignent de la pollution due &#224; ces produits.TRANSFERTS DE POPULATIONLa Chine a entrepris la solution finale de la question tib&#233;taine en submergeant la population du Tibet sous un afflux massif de colons chinois. Autrefois, les six millions de Tib&#233;tains vivaient &#224; l'aise et d'une fa&#231;on &#233;cologiquement &#233;quilibr&#233;e. Aujourd'hui, &#224; Lhassa, la capitale, il y a environ cent mille Chinois pour cinquante mille Tib&#233;tains.Comme la Chine le reconna&#238;t elle-m&#234;me, sa politique de transferts de population a caus&#233; &#171; d'irr&#233;parables d&#233;gats &#233;cologiques &#224; d'immenses &#233;tendues de plateau fragile &#187; en Amdo. Les experts attribuent cette d&#233;t&#233;rioration au surp&#226;turage, au d&#233;frichement inconsid&#233;r&#233; et &#224; la d&#233;gradation volontaire de la v&#233;g&#233;tation.MILITARISATIONLe Tibet &#233;tait jusqu'en 1949 un paisible &#233;tat-tampon entre l'Inde et la Chine. Il abrite aujourd'hui trois cent mille soldats et un quart des missiles nucl&#233;aires chinois.La Chine proc&#232;de &#224; des essais nucl&#233;aires &#224; Lop Nor, &#224; 200 km environ d'une ville, dans la partie m&#233;ridionale de la province de Xinjiang, situ&#233;e au nord de la R&#233;gion Autonome du Tibet. Cette province fait partie du Tibet, dont elle a &#233;t&#233; d&#233;tach&#233;e administrativement par la colonisation. L'explosion souterraine du 25 sept. 1992, &#233;quivalente &#224; moins de 20 kt de TNT, a provoqu&#233; une secousse de magnitude 5,2 sur l'&#233;chelle de Richter. L'essai pr&#233;c&#233;dent sur le m&#234;me site, le 19 mai 1992, &#233;tait le plus puissant jamais conduit par la Chine, 300 - 1 000 kt.La militarisation du plateau tib&#233;tain affecte profond&#233;ment l'&#233;quilibre g&#233;opolitique de la r&#233;gion et induit de s&#233;rieuses tensions internationales.La pr&#233;sence militaire chinoise comprend :    * Entre 3 et 500 000 hommes, dont 200 000 (15 divisions) sont cantonn&#233;s en permanence dans la R&#233;gion Autonome du Tibet.    * Dix-sept stations de radars secr&#232;tes ; quatorze a&#233;rodromes militaires.    * Cinq bases de missiles : Kongpo Nyitri, Powo Tamo, Rudok, Golmud et Nagchuka.    * Au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), soixante-dix missiles &#224; moyenne port&#233;e et vingt de port&#233;e interm&#233;diaire. PLAN DE PAIX EN CINQ POINTSEn septembre 1987 le Dala&#239; Lama a fait les propositions suivantes, rejet&#233;es par le gouvernement chinois :   1. Abandon par la Chine de sa politique de transfert de population qui menace l'existence du peuple tib&#233;tain.   2. Respect des droits fondamentaux et des libert&#233;s d&#233;mocratiques des Tib&#233;tains.   3. Restauration et protection de l'environnement naturel du Tibet ; cessation par la Chine de la production d'armes nucl&#233;aires au Tibet et du d&#233;p&#244;t de d&#233;chets nucl&#233;aires au Tibet.   4. Transformation de l'ensemble du Tibet en zone de paix.   5. D&#233;but de n&#233;gociations sinc&#232;res sur le futur statut du Tibet et sur les futures relations entre les peuples tib&#233;tain et chinois. Le Dala&#239; Lama est le premier laur&#233;at du Prix Nobel de la Paix (1989) qui l'ait re&#231;u, entre autres raisons, pour son oeuvre en faveur de l'environnement. Il a re&#231;u aussi pour sa &#171; contribution remarquable &#224; l'&#233;thique et &#224; l'environnement &#187; le Prix de la Terre, d&#233;cern&#233; pour la premi&#232;re fois en 1991.&#171; Nous connaissons beaucoup de sites, d'animaux, de plantes rares que les g&#233;n&#233;rations futures ne verront peut-&#234;tre pas. Nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard. Nous en sommes capables, nous en sommes responsables. &#187;Sa Saintet&#233; le Dala&#239; Lama.Al Gore, le vice-pr&#233;sident des Etats-Unis, &#233;crivait dans Earth in the balance, alors qu'il &#233;tait s&#233;nateur du Tennessee :&#171; Les Tib&#233;tains n'ont pas le pouvoir d'emp&#234;cher les autorit&#233;s chinoises de d&#233;truire l'environnement de leur patrie, car leur pays est occup&#233; militairement par la Chine depuis plus de quarante ans. (...) Pour prot&#233;ger efficacement l'environnement, il faut &#234;tre libre, c'est une condition n&#233;cessaire. (...)En fait, presque partout o&#249; le citoyen ordinaire n'a pas voix au chapitre dans les d&#233;cisions qui concernent sa vie, il souffre et son environnement aussi. &#187;COMMENT AIDER    * Pr&#233;venir vos &#233;lus de vos inqui&#233;tudes &#224; propos de l'environnement du Tibet.    * Intervenir aupr&#232;s des organisations &#233;cologiques interna-tionales pour qu'elles se pr&#233;occupent de la destruction du Tibet.    * Ecrire aux journaux, radios et t&#233;l&#233;s pour attirer leur attention sur la crise &#233;cologique au Tibet.    * Adh&#233;rer au Comit&#233; de Soutien au Peuple Tib&#233;tain et &#224; ECO-Tibet. Comit&#233; de Soutien au Peuple Tib&#233;tain :  Secr&#233;tariat National : C.S.P.T. 174, Bd Eug&#232;ne Decros 93260 Les Lilas. Fax : 01 30 90 88 25</description>
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     <title>Une opinion tr&#232;s interessante - par Nico le 09/10/2007 @ 12:12</title>
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     <description>Grenelle de l'environnement: farce ou Business ?Par les temps qui courent il est fr&#233;quent, chez les &#233;cologistes fran&#231;ais, de s’extasier sur la prestation de Nicolas Hulot au cours de la derni&#232;re campagne pr&#233;sidentielle, et sur l’ouverture remarquable que constituerait la proposition d’un &#171;Grenelle de l’environnement&#187;. C’est comme si un nouveau vent d’espoir soufflait enfin...Les questions d’environnement n’&#233;tant pas limit&#233;es au territoire fran&#231;ais, il serait cependant utile de resituer ces initiatives dans le cadre des accords internationaux et des d&#233;cisions communautaires, qui d&#233;terminent, plus que le contexte national, les d&#233;cisions relatives &#224; l’environnement. Peut-&#234;tre ainsi comprendrait-on mieux quels sont les enjeux, et le sens, de cet int&#233;r&#234;t soudain des autorit&#233;s fran&#231;aises pour l’environnement.1&#176;) Le Grenelle de l’environnement n’est que la d&#233;clinaison, au niveau fran&#231;ais, d’une &#233;volution g&#233;n&#233;rale vers la prise en mains par le business international des questions &#233;cologiques.La mode est au business vert. Depuis que Kofi Annan a lanc&#233; en 2000 le &#171;Millenium Ecosystem Assessment&#187;, dont l’&#233;tude s’est &#233;tendue sur la p&#233;riode 2001-2005, et a fait intervenir 1 360 experts mondiaux, les initiatives du business international dans le d&#233;veloppement durable n’ont cess&#233; de se multiplier.L’id&#233;e g&#233;n&#233;rale qui sous-tend ces initiatives est que:    * d’une part des &#233;cosyst&#232;mes d&#233;grad&#233;s pourraient nuire &#224; la libert&#233; d’entreprendre et &#224; la r&#233;putation des multinationales;    * et que, d’autre part, le d&#233;veloppement durable constitue une source de croissance et de profits pour ces m&#234;mes entreprises. Comme le dit tout cr&#251;ment le Medef: &#171;Le d&#233;veloppement durable constitue un moteur de croissance&#187;!!...Il est donc devenu important, aux yeux des &#171;business leaders&#187; de se pr&#233;occuper de ces questions. Et pas seulement de s’en pr&#233;occuper, mais d’en prendre le leadership. Comme le dit le WBCSD (World Business Council for Sustainable Development) il faut &#171;travailler sur des solutions dirig&#233;es par le business&#187; (business-led solutions). C’est ainsi que tout r&#233;cemment, &#224; Gen&#232;ve, le 6 juillet dernier, les &#171;business leaders&#187; de 153 des plus grandes multinationales ont propos&#233; des mesures pour s’attaquer aux questions climatiques, dans le cadre du programme &#171;Global Compact&#187; des Nations unies.Il faut bien voir qu’il s’agit-l&#224; d’un mouvement mondial tr&#232;s puissant, et que ce mouvement, initi&#233; par le business, structure actuellement l’ensemble des initiatives et r&#233;flexions nationales en mati&#232;re de d&#233;veloppement durable. La commission europ&#233;enne s’est elle-m&#234;me align&#233;e: dans sa &#171;strat&#233;gie en faveur du d&#233;veloppement durable&#187; qu’elle a &#233;labor&#233;e &#224; la suite du Conseil europ&#233;en de G&#246;teborg en 2001, elle pr&#233;cise bien qu’elle ne fait que reprendre les objectifs du &#171;Millenium Assessment&#187;...Et ce qu’elle nous pr&#233;pare actuellement, &#224; la suite du Conseil europ&#233;en du 8 mars 2007, dans le cadre des &#171;lignes directrices pour les aides d’Etat dans le domaine de l’environnement&#187;, est la porte grande ouverte &#224; des initiatives nationales visant &#224; subventionner les entreprises dans ce domaine (document CEE du 10 mai 2007).La France, logiquement, s’aligne: il s’agit de s’attaquer aux questions environnementales avec le business, en partenariat avec lui, avec des solutions propos&#233;es par lui, et en le subventionnant pour ce faire.D’o&#249; la mont&#233;e en puissance de personnages qui incarnent cette tendance, comme Nicolas Hulot et sa fondation.D’o&#249; le soudain int&#233;r&#234;t du gouvernement actuel pour le d&#233;veloppement durable, et l’initiative subs&#233;quente du Grenelle de l’environnement.On notera au passage le &#171;timing&#187; remarquable de cette op&#233;ration: publication du document CEE ci dessus le 10 mai, annonce du Grenelle de l’environnement le 19 mai, convocation des associations &#224; l’Elys&#233;e le 21 mai. Simple co&#239;ncidence? On peut en douter ...2&#176;) De ce fait, le Grenelle de l’environnement risque de n’&#234;tre qu’un march&#233; de dupes, malgr&#233; la bonne volont&#233; apparente des uns et des autres.Compte tenu du contexte d&#233;crit ci-dessus, on peut penser en effet:    * que tout ce montage ne sert en r&#233;alit&#233; qu’&#224; accr&#233;diter et pr&#233;parer des mesures de subventionnement du business;    * que de ce fait aucun d&#233;bat r&#233;el ne pourra avoir lieu sur des questions qui pourraient f&#226;cher le business et entraver sa sacro-sainte &#171;libert&#233; d’entreprendre&#187;: nucl&#233;aire, t&#233;l&#233;phonie mobile, OGM, agression publicitaire, d&#233;croissance, nanotechnologies, toxiques chimiques, etc. Par contre, on parlera volontiers de comp&#233;titivit&#233; et d’emploi, de production et de consommation.... sujets qui, eux, ne f&#226;chent pas. Et bien s&#251;r le vilain mot de &#171;pollution&#187; sera soigneusement &#233;vit&#233;...;    * qu’aucune d&#233;cision effective ne sera prise, qui remettrait en cause des &#171;opportunit&#233;s de croissance&#187; pour le business, et que par contre les seules d&#233;cisions qui seront prises seront celles qui auront trait &#224; de nouveaux d&#233;bouch&#233;s pour les entreprises.D&#232;s lors on comprend mal l’enthousiasme des associations &#233;cologistes: est-ce pure na&#239;vet&#233; du corbeau manipul&#233; par le renard, ou plus prosa&#239;quement arri&#232;res-pens&#233;es concernant de futures subventions &#233;ventuelles?3&#176;) Mais alors qu’aurait-il fallu faire pour que cette &#171;ouverture&#187; ne soit pas une immense d&#233;ception?Pour nous le r&#244;le de l’Etat - en l’occurrence - devrait &#234;tre de faciliter le d&#233;bat et l’arbitrage entre des &#171;parties prenantes&#187; aux int&#233;r&#234;ts contradictoires, comme c’est le cas en mati&#232;re d’environnement, o&#249; les int&#233;r&#234;ts des industriels et ceux des &#233;cologistes ne sont manifestement pas convergents, quoique l’on essaye de nous faire croire le contraire.Pour cela organiser un d&#233;bat est un bon d&#233;but. Encore faudrait-il:    * que ce d&#233;bat se fasse de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e entre parties r&#233;ellement repr&#233;sentatives des int&#233;r&#234;ts en pr&#233;sence, ce qui est loin d’&#234;tre le cas;    * et que ce d&#233;bat d&#233;bouche sur des d&#233;cisions et des arbitrages effectifs, pris de fa&#231;on d&#233;mocratiques.a) La repr&#233;sentativit&#233; des participants au Grenelle de l’environnement devrait &#234;tre plus &#233;quilibr&#233;e.La majorit&#233; des participants &#224; ces r&#233;unions ne sont pas repr&#233;sentatifs du mouvement &#233;cologiste:   1. les syndicats: Alain Lipietz sur son blog s’est d&#233;j&#224; l&#233;gitimement demand&#233; ce que le coll&#232;ge des salari&#233;s venait faire dans ces r&#233;unions, alors que l’on sait bien que &#171;la plupart des syndicats se sont tourn&#233;s, au cours du XXe si&#232;cle, vers une ligne consum&#233;riste et productiviste&#187;, et de rappeler la position pro-nucl&#233;aire de la CGT... Serait-ce une manœuvre de plus pour affaiblir la position &#233;cologiste?;   2. les &#171;personnalit&#233;s associ&#233;es&#187;: on se demande parfois ce que viennent faire dans ces r&#233;unions certaines personnalit&#233;s nomm&#233;es par l’Etat, dont il semble que la comp&#233;tence environnementale soit bien faible, et dont la l&#233;gitimit&#233; repose principalement sur leurs titres de &#171;pr&#233;sident&#187; ou de &#171;directeur&#187; de diff&#233;rentes institutions, ou sur leur surface m&#233;diatique. A moins que le but de ces nominations soit de rendre encore un peu plus minoritaire la voix des &#233;cologistes dans les groupes de travail?;   3. Les &#233;cologistes eux-m&#234;mes: ceux qui ont &#233;t&#233; choisis ne sont gu&#232;re repr&#233;sentatifs de l’ensemble du mouvement de d&#233;fense de l’environnement:    * certes il y a les &#171;incontournables&#187; qu’il aurait &#233;t&#233; vraiment trop voyant de ne pas inviter ( FNE, WWF, Greenpeace, Les Amis de la Terre...);    * mais que dire de l’omnipr&#233;sence de la Fondation Nicolas Hulot ? Quelle l&#233;gitimit&#233; &#233;cologiste peut on accorder &#224; une organisation dont le logo d’EDF figure sur la page d’accueil de son site, et dont les r&#233;f&#233;rences (liens web) sont ONYX et SITA en mati&#232;re de d&#233;chets (&#224; l’exclusion du CNIID), ou le GNIS et l’INRA en mati&#232;re de biodiversit&#233; (&#224; l’exclusion de Kokopelli ou du R&#233;seau semences paysannes)?;    * et que dire de la repr&#233;sentativit&#233; de l’Alliance pour la Plan&#232;te elle-m&#234;me? Ce regroupement de 79 associations &#233;cologistes, tr&#232;s actif dans la pr&#233;paration du Grenelle de l’environnement, a certes des positions int&#233;ressantes, notamment ses demandes de moratoire sur les OGM, les incin&#233;rateurs, les autoroutes et le nucl&#233;aire. Mais elle ne repr&#233;sente absolument pas la palette des id&#233;es &#233;cologistes. Ainsi n’en font pas partie, et ne sont pas repr&#233;sent&#233;s &#224; la table des n&#233;gociations:                + les plus actives associations de d&#233;fense des animaux comme l’ASPAS, la PMAF, One Voice, le RAC, l’AFIPA, la SPA, etc.;                + les plus actives associations anti-nucl&#233;aires comme le R&#233;seau Sortir du nucl&#233;aire, Bure Zone Libre, le CRIIRAD, etc.;                + les plus actives associations d&#233;non&#231;ant les dangers de la t&#233;l&#233;phonie mobile, comme Robin des Toits, Priartem, le CRIIREM, Next-Up, etc.;                + la seule association fran&#231;aise qui se pr&#233;occupe des nanotechnologies : Pi&#232;ces et Main-d’Oeuvre;                + les principaux repr&#233;sentants du courant de pens&#233;e de la d&#233;croissance, comme Casseurs de Pub, l’IEESDS, Recherche et D&#233;croissance, etc.;                + certaines des associations les plus actives en mati&#232;re d’OGM comme Inf’Ogm, Ogm Dangers, les collectifs de faucheurs, etc.Pour assurer la - n&#233;cessaire - repr&#233;sentativit&#233; des parties prenantes d’un tel d&#233;bat il aurait fallu:    * couvrir dans les groupes de travail l’ensemble des champs de l’&#233;cologie, et non en &#233;liminer les sujets les plus sensibles;    * inviter &#224; participer aux d&#233;bats toutes les associations importantes concern&#233;es: comment peut-on d&#233;battre de nucl&#233;aire hors la pr&#233;sence du R&#233;seau Sortir du nucl&#233;aire, ou de biodiversit&#233; hors la pr&#233;sence du R&#233;seau Semences paysannes, pour ne prendre que ces deux exemples?Sans doute faudrait-il aussi mener une r&#233;flexion (car il n’y a pas de r&#233;ponse &#233;vidente &#224; cette question) sur la notion de repr&#233;sentativit&#233; des associations &#233;cologistes: contrairement aux syndicats ouvriers, ou aux syndicats agricoles, dont on peut mesurer la repr&#233;sentativit&#233; lors des &#233;lections professionnelles, il n’y a pas de notion &#233;lectorale dans le domaine des associations &#233;cologistes. D&#232;s lors comment affirmer que FNE est plus (ou moins) repr&#233;sentative que Greenpeace ou que l’Alliance pour la Plan&#232;te: par la pr&#233;sence m&#233;diatique? Par le nombre d’adh&#233;rents? Quel crit&#232;re objectif utiliser? Si des d&#233;bats comme le Grenelle de l’environnement devaient se renouveler, il est certain qu’une r&#233;flexion sur ce point serait utile...b) Il serait n&#233;cessaire &#233;galement que des d&#233;cisions effectives soient prises en aval des r&#233;unions, d’une fa&#231;on d&#233;mocratique.Quels sont les enjeux du Grenelle de l’environnement? Quelles d&#233;cisions seront prises, ou annul&#233;es, ou remises en question, &#224; l’issue de ces d&#233;bats? Comment ces d&#233;cisions seront-elles prises et par qui? Nul ne le sait, et l’on peut craindre, pour les raisons &#233;voqu&#233;es plus haut, qu’en r&#233;alit&#233; aucune d&#233;cision ne soit prise, qui remettrait en question des int&#233;r&#234;ts industriels.Si le Grenelle de l’environnement est conduit de telle sorte qu’il ne d&#233;bouche que sur des d&#233;clarations de principe consensuelles, ou sur des d&#233;cisions de subventionnement du business, c’est s&#251;r qu’il n’y aura pas lieu &#224; arbitrages. Il semble bien malheureusement que ce soit l’orientation prise, et ceci avec l’accord tacite des &#233;cologistes eux-m&#234;mes...Mais s’il &#233;tait conduit - comme ce serait souhaitable - d’une fa&#231;on qui am&#232;ne &#224; formuler clairement les points d’opposition entre les parties prenantes, alors il y aurait mati&#232;re &#224; arbitrages. Et c’est sans doute ce que souhaite &#233;viter le gouvernement: se retrouver dans la situation o&#249; il devrait faire des choix, par exemple entre partisans et opposants aux OGM...Ce serait pourtant cela une vraie d&#233;mocratie, et un Etat qui joue son r&#244;le.Pour notre part nous proposerions volontiers - pour &#233;viter &#224; ce pauvre gouvernement d’avoir &#224; faire des choix trop difficiles pour lui- qu’&#224; l’issue du Grenelle de l’environnement les points d’opposition apparus fassent l’objet d’un r&#233;f&#233;rendum. Pourquoi pas, par exemple, lors d’une telle consultation, poser les questions suivantes aux Fran&#231;ais:&#202;tes-vous pour ou contre:    * Un moratoire de 5 ans sur les OGM?    * Un moratoire de 5 ans sur les autoroutes?    * Un moratoire de 5 ans sur les incin&#233;rateurs?    * Un moratoire de 5 ans sur le nucl&#233;aire?Ce r&#233;f&#233;rendum pourrait &#234;tre pr&#233;c&#233;d&#233; d’une vraie information du public, &#224; l’occasion d’un vrai d&#233;bat largement relay&#233; par les m&#233;dias entre partisans et opposants des technologies ci-dessus.Cela montrerait que l’on est encore en d&#233;mocratie, et non dans une ploutocratie o&#249; le vrai pouvoir est aux mains du business, et o&#249; l’Etat est &#224; son service.Mais ce serait sans doute bien trop dangereux...auteur: JL Gueydonhttp://www.terrehumaine.org/http://www.politis.fr/http://www.garrigue.net/</description>
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