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Merci de consulter notre site qui a été, est, et restera un organe de communication libre et indépendant.Vous y trouverez des articles et réflexions sur différents thèmes notamment axés montagne, environnement, énergies alternatives et décroissance soutenable.Ces articles sont divisés en 2 grandes catégories:
-Des articles de fonds qui parlent de thématiques globales d'un point de vue mondial,et qui servent de référence sur l'idéologie de fond qui nous fait réagir. Ces articles se situent dans la boite "global" sur votre gauche
-des articles sur des sujets plus précis, dans la section "blog"

Dans ce site , seront aussi dévoilés nos projets futures en adéquation avec ces thèmes, lorsqu'ils auront atteint un stade de maturité raisonnable. Si l'image de fond vous gène pour lire, il suffit de pointer la souris vers la zone de texte.Cet outil est interactif, vous pouvez réagir aux news, aux articles, et poster dans nos forums.
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Les 4 dernières nouvelles

un lecteur video avec playlist intégré sur cosmic-ride - par Nico le 07/05/2008 @ 15:58

Une solution de lecteur video multipistes avec playlists vient d'être intégrée sur le site.Notre galerie video a donc changé.Egalement, vous pouvez retourner voir certains articles comme celui sur les earthship, ou encore celui sur les OGM , afin de prendre connaissance de reportages qui appuient les contenus de nos articles.

Tibet: des minerais....et de l'eau - par Nico le 28/04/2008 @ 00:08

L’Institut de recherche du plateau Qinghai-Tibet de l’Academie des sciences de Chine a precisement reevalue les reserves en eau du plateau. Il affirme que le plateau Qinghai-Tibet abrite la plus importante ressource d’eau potable du pays, ce qui modifie les donnees geographiques chinoises. Jusqu’a present, la zone de Jiangnan, au sud du Yangtze, etait connue comme le plus important reservoir de lacs du pays. Le plateau compte 10 des 27 plus grands lacs de Chine, chacun d’une superficie superieure a 500 km2 et 1091 lacs de plus d’1 km2 de superficie, ce qui represente une superficie totale de 44.993 km2 soit 49,5% de la superficie totale des lacs en Chine et une reserve d’eau de 608 milliards de metres cubes, soit 70% des reserves d’eau des lacs chinois. L’eau potable est un enjeu important en Chine dont la moyenne en eau potable par habitant represente un quart de la moyenne mondiale.

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Contest intercrew - par Nico le 07/04/2008 @ 19:04




l'intercrew,qu'est ce que c'est?un rassemblement freestyle ou des groupes de potes venant de toute la france qui glisse en travers donnent le meilleur d'eux meme sur un parcour original.A la suite de ce week-end sont primés les teams qui ont le plus assuré.Cet évênement est un des rares rassemblement snowboard freestyle en France permettant de se retrouver entre "riders" sur un snowpark digne de ce nom.Malgré une ambiance détendue,ne nous y trompons pas,l'émulation engendrée par chaque team amène cet evenement à offrir un spectacle d'un niveau excellent.Car oui,surfer des modules avec les copains fait parti de l'essence meme de la discipline ou chacun motive les autres.le niveau n'aura donc cessé de monter durant ce superbe week-end ou (petite precision)chaque team est libre de participer sans pour autant appartenir à un quelconque sponsor.Un rassemblement à soutenir donc pour permettre au snowboard freestyle d'exister en dehors des usines à gaz type "x-game","air and style" etc...Ceci permet à un maximum de "riders" d'exprimer leur talent,et non pas à une poignée d'athletes surmédiatisés à monopoliser la scène snowboard.Si les médias formatés ne sont pas tous au rendez-vous,nous,nous offrons une petite video de soutien aux organisateurs de ce 5eme "intercrew" ce qui sera le plus parlant.Bravo donc pour cette 5eme édition(et pour les autres qui étaient déja des réussites)et vivement la prochaine!Grand merci à Bruno et Brynild,ainsi que tous ceux qui ont aidé ou participé à cet evenement.

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l'eau et la neige artificielle - par Nico le 01/11/2007 @ 17:46

A méditer:En 2004, l'Agence de bassin Rhône-Méditerranée-Corse a réalisé une étude sur l'utilisation de neige artificielle dans les stations de ski. On y apprend que : * 80 % des stations de sports d’hiver alpines sont équipées de canons à neige * 10 millions de mètres cubes d’eau sont consommés chaque année pour alimenter les canons à neige, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’une ville de plus de 170 000 habitants. * L'enneigement artificiel consomme 4 000m3 d'eau par hectare (c'est plus que ce que l'on consomme pour l'irrigation du maïs) Pour produire de la neige artificielle, les stations de sports d'hiver disposent de réservoirs d'eau. Mais quand ces réservoirs sont vides, elles puisent dans le réseau d'eau potable. Le problème risque de s'amplifier avec le réchauffement climatique.

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Les 2 derniers billets

Tibet: Etat des lieux - par Nico

TIBET : UN SURVOL
Le Tibet recouvre une superficie de deux millions et demi de kilomètres carrés : cinq fois la France, l'équivalent de la Communauté européenne. Cet immense et rude pays est très peu peuplé, six millions de Tibétains seulement.
En 1949 la République Populaire de Chine envahit le Tibet puis l'occupe, en violation des lois internationales. Résistance et répression culminent le 10 mars 1959 au cours du soulèvement national contre les Chinois. L'armée écrase la révolte dans le sang, faisant 87 000 morts en 18 mois parmi les Tibétains du seul Tibet central, et ce d'après les sources chinoises elles-mêmes. Sa Sainteté le Dalaï Lama et plus de cent vingt mille autres Tibétains sont contraints à l'exil. On estime à un million deux cent mille le nombre des Tibétains morts du fait de l'occupation chinoise, soit un habitant sur cinq. Plus de la moitié du Tibet a été détachée et adjointe aux provinces chinoises mitoyennes. Seuls le Tibet central (l'U-Tsang) et une partie du Tibet oriental (le Kham) forment ce qui est appelé « Région Autonome du Tibet ».
Depuis l'invasion chinoise, la faune, la flore, les forêts et les minéraux sont exploités au seul profit des Chinois. L'occupant exporte ces ressources naturelles vers la Chine et d'autres pays, ou bien les réserve sur place à l'usage des colons chinois.


Le Dalaï Lama, chef d'Etat et chef spirituel du Tibet, croit profondément à la non-violence. Il travaille sans relâche à la solution pacifique des problèmes sino-tibétains

L'ECOLOGIE DU TIBET D'AUTREFOIS

Jusqu'en 1949 le Tibet abritait une flore et une faune extrêmement riches : plus de cinq cents espèces d'oiseaux. Cette diversité s'est préservée au fil du temps grâce à la croyance bouddhiste en l'interdépendance entre humains, animaux, plantes et éléments naturels, croyance qui empêche l'exploitation aveugle de l'environnement. Nombre d'espèces animales et végétales sont spécifiques au Tibet.
Les plus grands fleuves d'Asie prennent naissance dans les montagnes tibétaines : l'Indus, le Brahmapoutre, le Salouen, le Mékong, le Yang-tsê Kiang et le Houang Ho ou Fleuve Jaune. Sa faune, sa flore, ses forêts vierges et ses grands cours d'eau font du Tibet la source de vie d'une zone bien plus vaste que son propre territoire. C'est pourquoi l'environnement du Tibet revêt une importance capitale pour l'équilibre écologique des pays voisins.
« Jamais je n'aurais imaginé qu'il pût exister autant d'oiseaux au même endroit. La vie animale foisonnait dans la campagne, et on voyait yaks et gazelles en abondance. »
Le capitaine C.G. Rawlings, chef de l'expédition britannique de 1903-1904 au Tibet.

DESTRUCTION DE LA VIE SAUVAGE

Avant l'invasion chinoise, la chasse au Tibet était réglementée par décret du gouvernement.
Aujourd'hui, la plupart de la faune sauvage a disparu : non seulement les restrictions n'ont pas été renforcées, mais la chasse aux espèces en voie de disparition a été encouragée.

Quelques aperçus :

* Le léopard des neiges (panthera uncia), trop chassé et parfois même braconné à l'arme automatique, est en voie d'extinction. Une peau se vend entre 30 et 50 $­US dans la région de l'Amdo (Qinghaï en chinois).
* Exportation de laine d'antilope du Tibet (pantholopes hodgsoni). On soupçonne aussi le trafic de la viande de mouton bleu sauvage (pseudois nayaur). Braconnage toléré du yak sauvage (bos grunniens), environ cent têtes en vente en juillet 1992 à Xining (Amdo).
* Pour des prix s'échelonnant de 7900 $­US à 35 000 $­US - sans le billet d'avion -, les chasseurs du monde entier peuvent venir au Tibet tirer dix-sept sortes d'animaux sauvages dont l'antilope et l'argali (ovis ammon), espèces pourtant protégées, grâce à l'agence « Klineburger Worldwide Travel ». Les autorités chinoises cherchent désormais à étendre ces abattages lucratifs.
* Les colons chinois ont déboisé sans retenue pour construire des logements ou cultiver, au détriment de l'habitat des oiseaux et mammifères sylvestres.

DEBOISEMENT

Les forces d'occupation chinoises sont en train de détruire de façon irréversible l'écologie fragile du haut plateau tibétain. Les Chinois se livrent au déboisement industriel dans l'Est du Tibet, où ils emploient soixante cinq mille personnes à cette tâche. Dans certaines zones, 80% des forêts sont déjà détruites. D'après leurs propres estimations, les Chinois ont prélevé au Tibet, depuis 1959, pour 54 milliards de dollars US de bois.
Comme les fleuves d'Asie et leurs affluents prennent leur source au Tibet, les conséquences du déboisement se font sentir en aval à travers le continent entier : érosion des sols, ravinement, envasement, inondations.

EFFETS SUR LE CLIMAT DE LA PLANETE

De récentes études font valoir que la destruction des forêts de haute altitude affecte les jet-streams (vents rapides des couches élevées de la troposphère), ce qui influence le climat. Depuis plusieurs années déjà, on considère comme une menace pour le régime des climats de la planète les modifications des températures, des masses d'air et des précipitations engendrées par le déboisement du plateau tibétain.

Il est donc urgent, pour tous ceux qui se préoccupent d'écologie, de s'attaquer à la crise de l'environnement tibétain.

ENERGIE HYDRAULIQUE

En mai 1991, les Chinois ont démarré des travaux controversés, la construction d'une centrale hydroélectrique qui détruira l'écosystême du Yamdrok Tso, un lac pur et sacré, le troisième du Tibet par sa taille. Les Chinois veulent détourner les eaux du lac pour les faire tomber, 750m plus bas, dans le Brahmapoutre (en tibétain Tsangpo). Il s'agit de fournir l'électricité nécessaire aux colons chinois et aux industries polluantes et destructrices qu'ils veulent implanter. Cette centrale hydroélectrique peut vider le lac Yamdrok, un pas de plus vers la mort de la terre et de la culture du Tibet.

EXPLOITATION MINIERE

En chinois, Tibet se dit Xizang, ce qui signifie « la Maison des Trésors de l'Ouest ». Les autorités chinoises ont entrepris l'exploitation systématique des ressources minières.
La moitié des réserves mondiales d'uranium se trouve dans les montagnes autour de Lhassa. C'est au Tibet que gît 40% du minerai de fer « chinois », ainsi que d'immenses filons de charbon, d'or, de cuivre, de plomb, de borax et de pétrole.

DECHETS TOXIQUES ET NUCLEAIRES

De nombreux rapports prouvent que la Chine utilise ou prévoit d'utiliser le Tibet comme décharge de déchets toxiques et nucléaires :

* En 1984, la Chine a proposé un contrat à un consortium d'Allemagne fédérale, aux termes duquel, après avoir acheté de l'uranium extrait des mines tibétaines, les Allemands pourraient renvoyer les déchets radioactifs au Tibet. La Chine a offert d'en stocker là jusqu'à cinq mille tonnes entre 1984 et l'an 2000. Les modalités actuelles du contrat ne sont pas connues.
* En mars 1991, l'association Greenpeace a divulgué un plan visant à importer au Tibet les vidanges de la ville de Baltimore (Etats-Unis). Ces résidus d'égoûts - riches en métaux lourds - devaient porter la mention « engrais » et être qualifiés de « limon » pour le transport. Il est présumable qu'ils devaient être ensuite vendus ou distribués en tant que tels. A la suite de ces révélations, la ville de Baltimore a résilié le contrat.

MAUVAISE POLITIQUE AGRICOLE

Au cours des années 60, les Chinois imposent une réforme agraire qui cause la famine au Tibet. Le surpâturage en altitude mène à la disparition de plantes médicinales ou alimentaires et détruit en grande partie la nourriture dont se sustentent les animaux sauvages en hiver. Le surpâturage aggrave également l'érosion par les vents et le ravinement, et conduit droit à la désertification.
Les agriculteurs tibétains sont contraints par les autorités chinoises d'acheter et d'utiliser engrais et pesticides chimiques. Les paysans se plaignent de la pollution due à ces produits.

TRANSFERTS DE POPULATION

La Chine a entrepris la solution finale de la question tibétaine en submergeant la population du Tibet sous un afflux massif de colons chinois. Autrefois, les six millions de Tibétains vivaient à l'aise et d'une façon écologiquement équilibrée. Aujourd'hui, à Lhassa, la capitale, il y a environ cent mille Chinois pour cinquante mille Tibétains.
Comme la Chine le reconnaît elle-même, sa politique de transferts de population a causé « d'irréparables dégats écologiques à d'immenses étendues de plateau fragile » en Amdo. Les experts attribuent cette détérioration au surpâturage, au défrichement inconsidéré et à la dégradation volontaire de la végétation.

MILITARISATION

Le Tibet était jusqu'en 1949 un paisible état-tampon entre l'Inde et la Chine. Il abrite aujourd'hui trois cent mille soldats et un quart des missiles nucléaires chinois.
La Chine procède à des essais nucléaires à Lop Nor, à 200 km environ d'une ville, dans la partie méridionale de la province de Xinjiang, située au nord de la Région Autonome du Tibet. Cette province fait partie du Tibet, dont elle a été détachée administrativement par la colonisation. L'explosion souterraine du 25 sept. 1992, équivalente à moins de 20 kt de TNT, a provoqué une secousse de magnitude 5,2 sur l'échelle de Richter. L'essai précédent sur le même site, le 19 mai 1992, était le plus puissant jamais conduit par la Chine, 300 - 1 000 kt.
La militarisation du plateau tibétain affecte profondément l'équilibre géopolitique de la région et induit de sérieuses tensions internationales.

La présence militaire chinoise comprend :

* Entre 3 et 500 000 hommes, dont 200 000 (15 divisions) sont cantonnés en permanence dans la Région Autonome du Tibet.
* Dix-sept stations de radars secrètes ; quatorze aérodromes militaires.
* Cinq bases de missiles : Kongpo Nyitri, Powo Tamo, Rudok, Golmud et Nagchuka.
* Au moins huit missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), soixante-dix missiles à moyenne portée et vingt de portée intermédiaire.

PLAN DE PAIX EN CINQ POINTS

En septembre 1987 le Dalaï Lama a fait les propositions suivantes, rejetées par le gouvernement chinois :

1. Abandon par la Chine de sa politique de transfert de population qui menace l'existence du peuple tibétain.
2. Respect des droits fondamentaux et des libertés démocratiques des Tibétains.
3. Restauration et protection de l'environnement naturel du Tibet ; cessation par la Chine de la production d'armes nucléaires au Tibet et du dépôt de déchets nucléaires au Tibet.
4. Transformation de l'ensemble du Tibet en zone de paix.
5. Début de négociations sincères sur le futur statut du Tibet et sur les futures relations entre les peuples tibétain et chinois.

Le Dalaï Lama est le premier lauréat du Prix Nobel de la Paix (1989) qui l'ait reçu, entre autres raisons, pour son oeuvre en faveur de l'environnement. Il a reçu aussi pour sa « contribution remarquable à l'éthique et à l'environnement » le Prix de la Terre, décerné pour la première fois en 1991.

« Nous connaissons beaucoup de sites, d'animaux, de plantes rares que les générations futures ne verront peut-être pas. Nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard. Nous en sommes capables, nous en sommes responsables. »

Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Al Gore, le vice-président des Etats-Unis, écrivait dans Earth in the balance, alors qu'il était sénateur du Tennessee :

« Les Tibétains n'ont pas le pouvoir d'empêcher les autorités chinoises de détruire l'environnement de leur patrie, car leur pays est occupé militairement par la Chine depuis plus de quarante ans. (...) Pour protéger efficacement l'environnement, il faut être libre, c'est une condition nécessaire. (...)

En fait, presque partout où le citoyen ordinaire n'a pas voix au chapitre dans les décisions qui concernent sa vie, il souffre et son environnement aussi. »

COMMENT AIDER

* Prévenir vos élus de vos inquiétudes à propos de l'environnement du Tibet.
* Intervenir auprès des organisations écologiques interna-tionales pour qu'elles se préoccupent de la destruction du Tibet.
* Ecrire aux journaux, radios et télés pour attirer leur attention sur la crise écologique au Tibet.
* Adhérer au Comité de Soutien au Peuple Tibétain et à ECO-Tibet.

Comité de Soutien au Peuple Tibétain : Secrétariat National : C.S.P.T. 174, Bd Eugène Decros 93260 Les Lilas. Fax : 01 30 90 88 25

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Publié le 28/04/2008 @ 00:10  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

Une opinion très interessante - par Nico

Grenelle de l'environnement: farce ou Business ?

Par les temps qui courent il est fréquent, chez les écologistes français, de s’extasier sur la prestation de Nicolas Hulot au cours de la dernière campagne présidentielle, et sur l’ouverture remarquable que constituerait la proposition d’un «Grenelle de l’environnement». C’est comme si un nouveau vent d’espoir soufflait enfin...

Les questions d’environnement n’étant pas limitées au territoire français, il serait cependant utile de resituer ces initiatives dans le cadre des accords internationaux et des décisions communautaires, qui déterminent, plus que le contexte national, les décisions relatives à l’environnement. Peut-être ainsi comprendrait-on mieux quels sont les enjeux, et le sens, de cet intérêt soudain des autorités françaises pour l’environnement.

1°) Le Grenelle de l’environnement n’est que la déclinaison, au niveau français, d’une évolution générale vers la prise en mains par le business international des questions écologiques.

La mode est au business vert. Depuis que Kofi Annan a lancé en 2000 le «Millenium Ecosystem Assessment», dont l’étude s’est étendue sur la période 2001-2005, et a fait intervenir 1 360 experts mondiaux, les initiatives du business international dans le développement durable n’ont cessé de se multiplier.

L’idée générale qui sous-tend ces initiatives est que:

* d’une part des écosystèmes dégradés pourraient nuire à la liberté d’entreprendre et à la réputation des multinationales;

* et que, d’autre part, le développement durable constitue une source de croissance et de profits pour ces mêmes entreprises. Comme le dit tout crûment le Medef: «Le développement durable constitue un moteur de croissance»!!...

Il est donc devenu important, aux yeux des «business leaders» de se préoccuper de ces questions. Et pas seulement de s’en préoccuper, mais d’en prendre le leadership. Comme le dit le WBCSD (World Business Council for Sustainable Development) il faut «travailler sur des solutions dirigées par le business» (business-led solutions). C’est ainsi que tout récemment, à Genève, le 6 juillet dernier, les «business leaders» de 153 des plus grandes multinationales ont proposé des mesures pour s’attaquer aux questions climatiques, dans le cadre du programme «Global Compact» des Nations unies.

Il faut bien voir qu’il s’agit-là d’un mouvement mondial très puissant, et que ce mouvement, initié par le business, structure actuellement l’ensemble des initiatives et réflexions nationales en matière de développement durable. La commission européenne s’est elle-même alignée: dans sa «stratégie en faveur du développement durable» qu’elle a élaborée à la suite du Conseil européen de Göteborg en 2001, elle précise bien qu’elle ne fait que reprendre les objectifs du «Millenium Assessment»...

Et ce qu’elle nous prépare actuellement, à la suite du Conseil européen du 8 mars 2007, dans le cadre des «lignes directrices pour les aides d’Etat dans le domaine de l’environnement», est la porte grande ouverte à des initiatives nationales visant à subventionner les entreprises dans ce domaine (document CEE du 10 mai 2007).

La France, logiquement, s’aligne: il s’agit de s’attaquer aux questions environnementales avec le business, en partenariat avec lui, avec des solutions proposées par lui, et en le subventionnant pour ce faire.

D’où la montée en puissance de personnages qui incarnent cette tendance, comme Nicolas Hulot et sa fondation.

D’où le soudain intérêt du gouvernement actuel pour le développement durable, et l’initiative subséquente du Grenelle de l’environnement.

On notera au passage le «timing» remarquable de cette opération: publication du document CEE ci dessus le 10 mai, annonce du Grenelle de l’environnement le 19 mai, convocation des associations à l’Elysée le 21 mai. Simple coïncidence? On peut en douter ...

2°) De ce fait, le Grenelle de l’environnement risque de n’être qu’un marché de dupes, malgré la bonne volonté apparente des uns et des autres.

Compte tenu du contexte décrit ci-dessus, on peut penser en effet:

* que tout ce montage ne sert en réalité qu’à accréditer et préparer des mesures de subventionnement du business;

* que de ce fait aucun débat réel ne pourra avoir lieu sur des questions qui pourraient fâcher le business et entraver sa sacro-sainte «liberté d’entreprendre»: nucléaire, téléphonie mobile, OGM, agression publicitaire, décroissance, nanotechnologies, toxiques chimiques, etc. Par contre, on parlera volontiers de compétitivité et d’emploi, de production et de consommation.... sujets qui, eux, ne fâchent pas. Et bien sûr le vilain mot de «pollution» sera soigneusement évité...;

* qu’aucune décision effective ne sera prise, qui remettrait en cause des «opportunités de croissance» pour le business, et que par contre les seules décisions qui seront prises seront celles qui auront trait à de nouveaux débouchés pour les entreprises.

Dès lors on comprend mal l’enthousiasme des associations écologistes: est-ce pure naïveté du corbeau manipulé par le renard, ou plus prosaïquement arrières-pensées concernant de futures subventions éventuelles?

3°) Mais alors qu’aurait-il fallu faire pour que cette «ouverture» ne soit pas une immense déception?

Pour nous le rôle de l’Etat - en l’occurrence - devrait être de faciliter le débat et l’arbitrage entre des «parties prenantes» aux intérêts contradictoires, comme c’est le cas en matière d’environnement, où les intérêts des industriels et ceux des écologistes ne sont manifestement pas convergents, quoique l’on essaye de nous faire croire le contraire.

Pour cela organiser un débat est un bon début. Encore faudrait-il:

* que ce débat se fasse de façon équilibrée entre parties réellement représentatives des intérêts en présence, ce qui est loin d’être le cas;

* et que ce débat débouche sur des décisions et des arbitrages effectifs, pris de façon démocratiques.

a) La représentativité des participants au Grenelle de l’environnement devrait être plus équilibrée.

La majorité des participants à ces réunions ne sont pas représentatifs du mouvement écologiste:

1. les syndicats: Alain Lipietz sur son blog s’est déjà légitimement demandé ce que le collège des salariés venait faire dans ces réunions, alors que l’on sait bien que «la plupart des syndicats se sont tournés, au cours du XXe siècle, vers une ligne consumériste et productiviste», et de rappeler la position pro-nucléaire de la CGT... Serait-ce une manœuvre de plus pour affaiblir la position écologiste?;
2. les «personnalités associées»: on se demande parfois ce que viennent faire dans ces réunions certaines personnalités nommées par l’Etat, dont il semble que la compétence environnementale soit bien faible, et dont la légitimité repose principalement sur leurs titres de «président» ou de «directeur» de différentes institutions, ou sur leur surface médiatique. A moins que le but de ces nominations soit de rendre encore un peu plus minoritaire la voix des écologistes dans les groupes de travail?;
3. Les écologistes eux-mêmes: ceux qui ont été choisis ne sont guère représentatifs de l’ensemble du mouvement de défense de l’environnement:

* certes il y a les «incontournables» qu’il aurait été vraiment trop voyant de ne pas inviter ( FNE, WWF, Greenpeace, Les Amis de la Terre...);

* mais que dire de l’omniprésence de la Fondation Nicolas Hulot ? Quelle légitimité écologiste peut on accorder à une organisation dont le logo d’EDF figure sur la page d’accueil de son site, et dont les références (liens web) sont ONYX et SITA en matière de déchets (à l’exclusion du CNIID), ou le GNIS et l’INRA en matière de biodiversité (à l’exclusion de Kokopelli ou du Réseau semences paysannes)?;

* et que dire de la représentativité de l’Alliance pour la Planète elle-même? Ce regroupement de 79 associations écologistes, très actif dans la préparation du Grenelle de l’environnement, a certes des positions intéressantes, notamment ses demandes de moratoire sur les OGM, les incinérateurs, les autoroutes et le nucléaire. Mais elle ne représente absolument pas la palette des idées écologistes. Ainsi n’en font pas partie, et ne sont pas représentés à la table des négociations:
+ les plus actives associations de défense des animaux comme l’ASPAS, la PMAF, One Voice, le RAC, l’AFIPA, la SPA, etc.;
+ les plus actives associations anti-nucléaires comme le Réseau Sortir du nucléaire, Bure Zone Libre, le CRIIRAD, etc.;
+ les plus actives associations dénonçant les dangers de la téléphonie mobile, comme Robin des Toits, Priartem, le CRIIREM, Next-Up, etc.;
+ la seule association française qui se préoccupe des nanotechnologies : Pièces et Main-d’Oeuvre;
+ les principaux représentants du courant de pensée de la décroissance, comme Casseurs de Pub, l’IEESDS, Recherche et Décroissance, etc.;
+ certaines des associations les plus actives en matière d’OGM comme Inf’Ogm, Ogm Dangers, les collectifs de faucheurs, etc.

Pour assurer la - nécessaire - représentativité des parties prenantes d’un tel débat il aurait fallu:

* couvrir dans les groupes de travail l’ensemble des champs de l’écologie, et non en éliminer les sujets les plus sensibles;

* inviter à participer aux débats toutes les associations importantes concernées: comment peut-on débattre de nucléaire hors la présence du Réseau Sortir du nucléaire, ou de biodiversité hors la présence du Réseau Semences paysannes, pour ne prendre que ces deux exemples?

Sans doute faudrait-il aussi mener une réflexion (car il n’y a pas de réponse évidente à cette question) sur la notion de représentativité des associations écologistes: contrairement aux syndicats ouvriers, ou aux syndicats agricoles, dont on peut mesurer la représentativité lors des élections professionnelles, il n’y a pas de notion électorale dans le domaine des associations écologistes. Dès lors comment affirmer que FNE est plus (ou moins) représentative que Greenpeace ou que l’Alliance pour la Planète: par la présence médiatique? Par le nombre d’adhérents? Quel critère objectif utiliser? Si des débats comme le Grenelle de l’environnement devaient se renouveler, il est certain qu’une réflexion sur ce point serait utile...

b) Il serait nécessaire également que des décisions effectives soient prises en aval des réunions, d’une façon démocratique.

Quels sont les enjeux du Grenelle de l’environnement? Quelles décisions seront prises, ou annulées, ou remises en question, à l’issue de ces débats? Comment ces décisions seront-elles prises et par qui? Nul ne le sait, et l’on peut craindre, pour les raisons évoquées plus haut, qu’en réalité aucune décision ne soit prise, qui remettrait en question des intérêts industriels.

Si le Grenelle de l’environnement est conduit de telle sorte qu’il ne débouche que sur des déclarations de principe consensuelles, ou sur des décisions de subventionnement du business, c’est sûr qu’il n’y aura pas lieu à arbitrages. Il semble bien malheureusement que ce soit l’orientation prise, et ceci avec l’accord tacite des écologistes eux-mêmes...

Mais s’il était conduit - comme ce serait souhaitable - d’une façon qui amène à formuler clairement les points d’opposition entre les parties prenantes, alors il y aurait matière à arbitrages. Et c’est sans doute ce que souhaite éviter le gouvernement: se retrouver dans la situation où il devrait faire des choix, par exemple entre partisans et opposants aux OGM...

Ce serait pourtant cela une vraie démocratie, et un Etat qui joue son rôle.

Pour notre part nous proposerions volontiers - pour éviter à ce pauvre gouvernement d’avoir à faire des choix trop difficiles pour lui- qu’à l’issue du Grenelle de l’environnement les points d’opposition apparus fassent l’objet d’un référendum. Pourquoi pas, par exemple, lors d’une telle consultation, poser les questions suivantes aux Français:

Êtes-vous pour ou contre:

* Un moratoire de 5 ans sur les OGM?
* Un moratoire de 5 ans sur les autoroutes?
* Un moratoire de 5 ans sur les incinérateurs?
* Un moratoire de 5 ans sur le nucléaire?

Ce référendum pourrait être précédé d’une vraie information du public, à l’occasion d’un vrai débat largement relayé par les médias entre partisans et opposants des technologies ci-dessus.

Cela montrerait que l’on est encore en démocratie, et non dans une ploutocratie où le vrai pouvoir est aux mains du business, et où l’Etat est à son service.

Mais ce serait sans doute bien trop dangereux...

auteur: JL Gueydon
http://www.terrehumaine.org/

http://www.politis.fr/


http://www.garrigue.net/

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Publié le 09/10/2007 @ 12:12  - aucun commentaire aucun commentaire - Voir? Ajouter le votre?   Prévisualiser  Imprimer l'article 

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